13 juin 2008
Brûlez un livre, sauvez mon âme

Brrr.
Un souffle glacial me caresse l'échine.
L'air froid envahit la pièce, tel le vent qui glisse sur la proue d'un bateau en plein élan. Remarque en guise de proue sculptée, il s'agit simplement de ma fenêtre pourrie par l'humidité et la moisissure, résultat d'un travail hérité d'un mauvais menuisier. Plus loin, une douce volute de fumée s'élève en affrontant l'ennemi éolien. Une cigarette mal éteinte abandonné dans un cendrier , sans doute. Enfin, j'espère.
C'est pourtant vrai qu'il fait froid bordel. En plein juin, le mois propice aux étoiles, je me caille sans pouvoir approcher de cette fenêtre daubée.
Triste.
Mais en fait, j'ai failli oublié : Le temps, je m'en fous complètement.
Mes yeux fatigués se posent sur mon étagère, peut être le seul objet qui peut encore garder son nom sans rougir. Sur celle-ci, quelques livres, recueils de poésie et autres odes aux mots, valsent en soulevant leurs feuilles au gré du vent. Si j'étais dingue, je dirais qu'ils ressemblent à des danseuses provocantes. "Lis nous !", "Lis nous ! Viens savourer nos pages cornées et jaunies par le temps !".
Je me contiens. Oh, et puis non. Si je pouvais parler le langage livre, je pense que j'oserais un gros "Vos gueules ! ça suffit maintenant, j'ai pas assez morflé non ?".
A toi qui lis ces mots sans comprendre, il y a pourtant explication à mon agressive réplique. Si le cocaïnomane à besoin de sa dose pour pouvoir s'apaiser, si l'héroïnomane a besoin de sa poudre pour pouvoir s'envoler, le poésïomane a besoin de s'abreuver de mots pour s'enivrer.
Or, je suis un de ces drogués.
A toi ma drogue, ami Baudelaire, ami Verlaine, ami Musset, Hugo, Prévert, Supervielle, Senghor, Eluard et autre Rimbaud et Voltaire. Foutez moi la paix.
A travers vos écrits, je me suis aperçu, parfois même reconnu. J'ai aussi rêvé, j'ai aussi cru. A travers le Romantisme, vos idéologies, votre surréalisme, j'ai baigné dans mon Univers crée en partie par vous. Si dans vos verbes, vos qualificatifs, je transcende à ma manière, il n'en résulte pas moins que j'en perds la réalité.
A celui qui écrit l'Amour plus qu'il ne le vit, à celui qui aime décrire ces choses de la vie pourtant futiles, à celui qui croit encore en la Romance et même à l'Amour et le vrai... Ne fait pas comme moi, ne plonge pas dans la naïveté et l'imbécilité de ces si, jolies, hélas niaiseries. A cause d'eux, tu n'auras pas les mots pour décrire l'Amour véritable. Ils l'ont écrit 1000 fois, et moi jeune inconscient, je n'arrive pas à me lasser de ce monde où l'Amour est seul chose sur cette Terre. Ce monde si sublime auquel je m'attends, n'est hélas pas forcément réalité pour autrui.
L'héroïnomane se transforme en junkie, le poésïomane devient guimauve.
Et pourtant, excuse moi le terme, mais putain qu'est ce que j'aime le romantisme.
Je crois que je vais replonger...
Livres, je vous aime, je vous hais.
Commentaires
Essayez de trouver des traces dans les écrits d'autrui pour reconnaitre quelquechose dans cette vie, il est vrai que souvent, l'on se dit, mais il dit vrai, ou mais il se trompe, il vit une vie rêvée et moi une vie de merde... Transcender ce que l'on vit à partir du moment ou on raconte " sa " vie, on raconte une histoire.... Tout est vrai et tout est faux
Bises.


